Comment pouvez-vous assurer la création de 50 000 emplois directs avec la construction du Terminal 4 ?

L’annonce par le Groupe ADP de la création de “jusqu’à 50 000 emplois directs” pour le terminal 4 provient du calcul suivant:
Le ratio moyen emplois/million de passagers (total des emplois/ total du trafic) sur la période 2014-2016 est de 1375 emplois par million de passagers. En appliquant ce ratio à la prévision du nombre de passagers pour le terminal 4 soit 37 millions, cela donne le chiffre de 50 000 emplois:

1375 emplois x 37 M passagers = 50 875 emplois

L’effet marginal sur la période 2014-2016 (création additionnelle d’emplois par million de passagers additionnel) est de 750 emplois par million de passagers (+ 1 587 emplois / + 2,12 M passagers). L’application de ce ratio marginal aux chiffres de trafic prévisionnel du terminal 4 donnerait 27 750 emplois et non 18 000.

Pour autant, le ratio marginal qui correspond à l’impact de la croissance du trafic dans un terminal déjà existant, n’est pas pertinent dans le cas de l’ouverture d’une nouvelle infrastructure qui devra créer tous les emplois ex-nihilo et dans tous les secteurs (opérations, maintenance, nettoyage, sécurité, commerces et restauration etc.…). C’est pourquoi le ratio moyen est certainement beaucoup plus proche de la réalité.

Cette estimation macro-économique sera confrontée à l’étude par filières métiers qu’est en train de réaliser le GIP Emploi Roissy.

Les emplois liés au fret sont inclus dans le nombre d’emplois

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Comment expliquez-vous les différences de chiffres entre votre étude (Utopies) et l’étude de Lorthois ?

L’étude Lorthois utilise des données de l’INSEE sur le recensement de la population (qui correspond à  une vision sociale de l’emploi, et répond à la question : est-ce qu’un individu occupe un emploi et dans quelles conditions ?) alors que l’étude menée par le cabinet indépendant Utopies en 2019 s’appuie sur l’Open Data de l’INSEE (qui livre une vision productive de l’emploi, et répond à la question : combien de postes sont alloués par chaque établissement ?). Cette première différence d’approche peut expliquer certains écarts dans les chiffres, notamment ceux relatifs aux emplois par communes.

En outre, cette étude fait référence à des périmètres totalement différents. Le périmètre du “Cœur de pôle” est définit par 5 communes principales : Roissy, Tremblay, Gonesse, Villepinte et Le Bourget. Or, il parait inopportun de limiter l’analyse à un périmètre si restreint car l’impact des deux aéroports (CDG et Le Bourget) s’étend bien au-delà. Pour l’hôtellerie-restauration, par exemple, la commune du Mesnil-Amelot concentre de nombreux hôtels et, par conséquent, de nombreux emplois : l’étude ACOSS de 2017 dénombre plus 600 salariés privés. Ce secteur, comme beaucoup d’autres, sont en effet directement impactés par l’économie aéroportuaire.

De plus, l’argumentaire sur l’aire d’attraction porte uniquement sur les emplois de la commune de Roissy-en-France. Il faut savoir que la différence avec le premier périmètre est colossale puisque cela exclut presque 60 000 emplois (source : INSEE RP 2015).

L’analyse se poursuit avec ce même périmètre, c’est-à-dire les emplois de la seule Commune de Roissy-en-France (dénombrés par l’INSEE grâce au Recensement de la Population en 2015). La note de bas de page 3 de l’article explique que ce choix a été fait par “commodité statistique, bien que la plate-forme soit située sur 3 départements et 6 communes : Roissy-en-France, Epiais-lès-Louvres (95), Tremblay-en-France (93), le Mesnil-Amelot, Mauregard, Mitry-Mory (77). Or, la commune de Roissy-en-France ne contient pas l’ensemble des emplois directs de la plateforme. La complexité du territoire entraîne la nécessité de capter les emplois bien au-delà de Roissy-en-France.

Par conséquent, devant cette multiplicité de périmètre, l’analyse des chiffres est non seulement complexifiée mais également biaisée.
C’est pourquoi, nous pensons qu’il est préférable de dégager les chiffres et les analyses à l’échelle du bassin d’emploi du Grand Roissy-le Bourget (les 50 communes de l’EPT Paris Terres d’Envol et de la CA Roissy Pays de France).

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Comment comptez-vous assurer la priorité des riverains sur les emplois crées par le Terminal 4 ?

Dans la lignée de la dynamique enclenchée depuis 40 ans. Le Grand Roissy – Le Bourget s’est développé et structuré autour de la plate-forme Paris-Charles de Gaulle qui en constitue le principal moteur économique et social. Près de 50% des employés de l’aéroport résident dans un rayon de 20 km (source: Etude Utopies).

Dans le cadre du Terminal 4, le Groupe ADP ambitionne de faire bénéficier en premier lieu les populations riveraines des emplois créés par le développement de l’activité aéroportuaire. Les habitants du Grand Roissy-le Bourget constituent un vaste potentiel d’emplois notamment avec une partie importante de la population qui est jeune, dynamique et multiculturelle. Dans la continuité des actions menées en ce sens depuis plusieurs années, un programme spécifique a été engagé dès le premier semestre 2018 avec le GIP Emploi-Roissy-Roissy. Ce programme, articulé selon quatre axes décrits plus loin, vise à assurer l’adéquation entre le besoin d’emplois générés par le Terminal 4, sur l’ensemble des filières, et l’offre de formation et d’orientation proposée par le territoire.

Portée en partenariat avec le GIP Emploi-Roissy, la méthode retenue avec le GIP Emploi-Roissy porte sur 4 axes :

  • Une analyse prospective quantitative et qualitative des besoins en emploi pour les phases de construction et d’exploitation par filières et métiers avec une identification des compétences-socles ;
  • Une évaluation du besoin en formation pour les habitants par rapport à l’offre déjà existante sur le territoire et l’identification des situations « à risque » (c’est-à-dire lorsque l’offre de formation s’avèrerait quantitativement ou qualitativement insuffisante) par filières/métiers avec proposition de mesures correctives ;
  • Une orientation des habitants vers les formations requises grâce à la future Cité des métiers du territoire (labellisée) qui sera installée dès 2020 sur la plate-forme de Paris-Charles de Gaulle ;
  • Une mise en cohérence du calendrier/volume des formations et du besoin en recrutement des employeurs afin que les habitants du bassin d’emploi puissent sortir des dispositifs de formation en coordination avec les recrutements des entreprises.

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